Docteur Menassa, je vous admire immensément, vous le savez, j’admire aussi les efforts acharnes que vous déployez pour notre pays dans beaucoup de domaines.
Si j’écris le commentaire suivant relatif a votre dernier article c’est, avant tout, pour que les lecteurs ne se méprennent pas et désespèrent du Liban. Je sais qu’en définitive ce que vous avez écrit, c’était dans le but de les empêcher de se décourager et de geindre et je vous comprends.
Et pourtant, ce « Système D » que vous craignez de perdre, cher Dr. Menassa, que nous rapporte-t-il en définitive? Tachons de l’évaluer a sa juste valeur.
• L’éducation de nos enfants nous coute les yeux de la tète. Dans les classes primaires $250 par mois et par enfant, et a l’université $1500
. • Si nous tombons malade et nous ne sommes pas assures, yaweilna ! Pour avoir une assurance ceci peut nous couter entre $200 et $400 par mois et par personne, selon la catégorie et l’âge.
• Si nous mourrons, yaweil ahlna qui devraient débourser $10,000 pour nous enterrer dignement.
• Nous ne savons pas ce que nous mangeons et buvons, avec tous les dangers que ceci comporte. Nous avons entendu parler dernièrement de tous ces scandales sanitaires, n’est ce pas ?
• Notre voiture nous coute, au moins, $300 par mois entre benzine, entretiens, parkings, taxes etc. et en plus, chaque sortie est un martyr a cause du trafic et de la congestion.
• Notre environnement est dans un état catastrophique et les Autorités ont peur de publier les statistiques relatives aux cas de décès dus au cancer dans notre pays pour ne pas affoler la population.
• Mais tout ceci s’applique a un ménage relativement aise, avec des revenus nets aux alentours de $2000 par mois, ce qui n’est pas le cas pour 70% de la population.
• Ces 70% comment font-ils pour se débrouiller ? Telle est la question que peu d’entre nous se posent. C’est parmi ces 70% que Daech pourrait un jour trouver des recrues, n’est ce pas ?
• Nous, on se débrouille tant bien que mal, mais les autres 70% ? C’est avec eux que nous vivons dans ce pays et c’est eux qui pourraient un jour mettre le feu aux poudres, si nous n’y prenons pas garde.
Je ne vais pas additionner tous ces chiffres pour déterminer comment les Libanais se débrouillent, mais j’estime que la plupart des ménages vivent a partir des transferts ($8 milliards an) effectues par des membres émigrés de leur famille, autrement comment expliquer le train de vie qu’ils mènent ?
Alors, Dr. Menassa, jugez-vous une telle situation comme étant « normale » ? Moi, pas.
Ce qui m’effraie ce n’est pas tellement aujourd’hui ou les prochains mois, mais l’avenir de ce pays a moyen et long terme. Malheureusement le Libanais est enclin a vivre au jour le jour et le proverbe « a chaque jour suffit sa peine » lui sied comme un gant.
Mais une telle attitude, si elle est excusable provenant d’individus, ne peut se justifier de la part des dirigeants qui, eux, sont responsables du sort de cinq millions de Libanais et non d’une exclusive minorité de 15,000 familles de nantis.
Malheureusement, c’est envers cette minorité que ces dirigeants se sentent responsables. C’est normal parce que ce sont ces « nantis » qui les ont « fait » et qui les soutiennent envers et contre tout. Docteur Menassa, si nous nous inquiétons et nous nous lamentons pour l’avenir de ce pays, ainsi que de l’absence quasi-totale de gouvernance appropriée, c’est que nous avons « peur de cet avenir ».
Apres avoir vu ce qui s’est passe en Irak, en Libye, en Tunisie, au Yémen et ce qui se passe a quelques dizaines de kilomètres de chez nous, en Syrie, ne sommes-nous pas justifies de craindre le pire chez nous et de réclamer a cors et a cris ces « reformes » que nous attendons en vain depuis 70 ans ?
Docteur Menassa, quel est le pays Arabe qui n’a pas conduit de recensement de sa population depuis 83 ans ? Quel est le pays Arabe qui a vu croitre, SANS AUCUN JUSTIFICATIF, sa dette publique de $7 a $70 milliards de dollars en vingt ans, sans réagir?
Même ces Libanais dont vous parlez et qui arrivent, a présent, a se débrouiller, tant bien que mal, comment feront-ils le jour, pas si lointain, ou la dette publique atteindra des sommets inacceptables ?
Ce jour la, le Liban, afin d’obtenir une aide internationale devra être oblige, comme l’ont fait, avant lui, Chypres, la Grèce, l’Espagne, le Portugal, etc. etc., de serrer la vis a tout le peuple et d’augmenter les taxes et la TVA de pourcentages fabuleux pour remettre les finances du pays en ordre et repayer sa dette, pétrole ou pas pétrole.
Voila pourquoi nous grognons docteur Menassa. Voila pourquoi nous réclamons, a cors et a cris, des reformes et un Plan qui sont les deux seules chances qui nous restent de nous sauver du désastre.
D’après mes pronostics, si nous décidons de vivre comme des gens normaux durant les vingt prochaines années, non seulement nous pourrons repayer entièrement notre dette publique jusqu'à la dernière piastre, mais nous deviendrons, dans le véritable sens du mot, une Suisse du Moyen-Orient véritable et surtout viable.
J’espère que vous ne m’en voudrez pas trop pour ce cri d’alarme que je lance.
Si j’écris le commentaire suivant relatif a votre dernier article c’est, avant tout, pour que les lecteurs ne se méprennent pas et désespèrent du Liban. Je sais qu’en définitive ce que vous avez écrit, c’était dans le but de les empêcher de se décourager et de geindre et je vous comprends.
Et pourtant, ce « Système D » que vous craignez de perdre, cher Dr. Menassa, que nous rapporte-t-il en définitive? Tachons de l’évaluer a sa juste valeur.
• L’éducation de nos enfants nous coute les yeux de la tète. Dans les classes primaires $250 par mois et par enfant, et a l’université $1500
. • Si nous tombons malade et nous ne sommes pas assures, yaweilna ! Pour avoir une assurance ceci peut nous couter entre $200 et $400 par mois et par personne, selon la catégorie et l’âge.
• Si nous mourrons, yaweil ahlna qui devraient débourser $10,000 pour nous enterrer dignement.
• Nous ne savons pas ce que nous mangeons et buvons, avec tous les dangers que ceci comporte. Nous avons entendu parler dernièrement de tous ces scandales sanitaires, n’est ce pas ?
• Notre voiture nous coute, au moins, $300 par mois entre benzine, entretiens, parkings, taxes etc. et en plus, chaque sortie est un martyr a cause du trafic et de la congestion.
• Notre environnement est dans un état catastrophique et les Autorités ont peur de publier les statistiques relatives aux cas de décès dus au cancer dans notre pays pour ne pas affoler la population.
• Mais tout ceci s’applique a un ménage relativement aise, avec des revenus nets aux alentours de $2000 par mois, ce qui n’est pas le cas pour 70% de la population.
• Ces 70% comment font-ils pour se débrouiller ? Telle est la question que peu d’entre nous se posent. C’est parmi ces 70% que Daech pourrait un jour trouver des recrues, n’est ce pas ?
• Nous, on se débrouille tant bien que mal, mais les autres 70% ? C’est avec eux que nous vivons dans ce pays et c’est eux qui pourraient un jour mettre le feu aux poudres, si nous n’y prenons pas garde.
Je ne vais pas additionner tous ces chiffres pour déterminer comment les Libanais se débrouillent, mais j’estime que la plupart des ménages vivent a partir des transferts ($8 milliards an) effectues par des membres émigrés de leur famille, autrement comment expliquer le train de vie qu’ils mènent ?
Alors, Dr. Menassa, jugez-vous une telle situation comme étant « normale » ? Moi, pas.
Ce qui m’effraie ce n’est pas tellement aujourd’hui ou les prochains mois, mais l’avenir de ce pays a moyen et long terme. Malheureusement le Libanais est enclin a vivre au jour le jour et le proverbe « a chaque jour suffit sa peine » lui sied comme un gant.
Mais une telle attitude, si elle est excusable provenant d’individus, ne peut se justifier de la part des dirigeants qui, eux, sont responsables du sort de cinq millions de Libanais et non d’une exclusive minorité de 15,000 familles de nantis.
Malheureusement, c’est envers cette minorité que ces dirigeants se sentent responsables. C’est normal parce que ce sont ces « nantis » qui les ont « fait » et qui les soutiennent envers et contre tout. Docteur Menassa, si nous nous inquiétons et nous nous lamentons pour l’avenir de ce pays, ainsi que de l’absence quasi-totale de gouvernance appropriée, c’est que nous avons « peur de cet avenir ».
Apres avoir vu ce qui s’est passe en Irak, en Libye, en Tunisie, au Yémen et ce qui se passe a quelques dizaines de kilomètres de chez nous, en Syrie, ne sommes-nous pas justifies de craindre le pire chez nous et de réclamer a cors et a cris ces « reformes » que nous attendons en vain depuis 70 ans ?
Docteur Menassa, quel est le pays Arabe qui n’a pas conduit de recensement de sa population depuis 83 ans ? Quel est le pays Arabe qui a vu croitre, SANS AUCUN JUSTIFICATIF, sa dette publique de $7 a $70 milliards de dollars en vingt ans, sans réagir?
Même ces Libanais dont vous parlez et qui arrivent, a présent, a se débrouiller, tant bien que mal, comment feront-ils le jour, pas si lointain, ou la dette publique atteindra des sommets inacceptables ?
Ce jour la, le Liban, afin d’obtenir une aide internationale devra être oblige, comme l’ont fait, avant lui, Chypres, la Grèce, l’Espagne, le Portugal, etc. etc., de serrer la vis a tout le peuple et d’augmenter les taxes et la TVA de pourcentages fabuleux pour remettre les finances du pays en ordre et repayer sa dette, pétrole ou pas pétrole.
Voila pourquoi nous grognons docteur Menassa. Voila pourquoi nous réclamons, a cors et a cris, des reformes et un Plan qui sont les deux seules chances qui nous restent de nous sauver du désastre.
D’après mes pronostics, si nous décidons de vivre comme des gens normaux durant les vingt prochaines années, non seulement nous pourrons repayer entièrement notre dette publique jusqu'à la dernière piastre, mais nous deviendrons, dans le véritable sens du mot, une Suisse du Moyen-Orient véritable et surtout viable.
J’espère que vous ne m’en voudrez pas trop pour ce cri d’alarme que je lance.
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